La chirurgie reconstructrice réunit des techniques très variées, adaptées au type de cancer, à l’atteinte tissulaire et aux attentes du patient. Elle intervient souvent en collaboration avec les équipes d’oncologie, de chirurgie générale, d’imagerie médicale, de radiothérapie et de soins de support.
Reconstruction mammaire : chiffres, techniques et innovations
La chirurgie du sein reste le terrain emblématique de la reconstruction post-cancer. Selon l’INCa, environ 25 000 reconstructions mammaires sont réalisées chaque année en France, un chiffre en constante évolution avec la personnalisation des parcours.
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Reconstruction immédiate : pratiquée lors du même temps opératoire que la mastectomie, elle est possible chez environ 30 à 35% des femmes, principalement lorsque les critères oncologiques le permettent.
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Reconstruction différée : réalisée plusieurs mois, voire années après le traitement initial, souvent après radiothérapie ou en cas de contre-indications à l'immédiateté.
Les techniques sont variées :
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Implants mammaires : chirurgie la plus fréquente en reconstruction, 60 à 70% des reconstructions. Elle consiste à placer une prothèse en silicone ou sérum physiologique derrière ou devant le muscle pectoral, parfois à l’aide d’une matrice biologique pour améliorer le rendu et la couverture.
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Reconstruction autologue : recours à ses propres tissus (lambeau du muscle grand dorsal ou abdominal — lambeau DIEP, lambeau TRAM, etc.). Cette technique représente près d’un tiers des interventions reconstruites du sein, avec des indications particulières chez les patientes irradiées ou refusant une prothèse.
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Techniques composites : combinaison d’implant et de tissu autologue, lipofilling (injection de graisse prélevée sur la patiente).
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Reconstruction de l’aréole et du mamelon : dernière étape, parfois réalisée par tatouage médical ou greffe de peau.
Des centres comme Gustave Roussy ou l’Institut Curie proposent d’intégrer la réflexion sur la reconstruction dès l’annonce du cancer, preuve que la reconstruction est désormais une composante essentielle de la prise en charge globale.
Reconstructions du visage, de la tête et du cou
Les cancers ORL (bouche, pharynx, larynx, peau du visage) imposent parfois des interventions mutilantes : exérèse de la langue, de la mandibule, du nez ou d’une partie du cuir chevelu. En France, près de 45 000 nouveaux cas de cancers des voies aérodigestives supérieures sont recensés chaque année (SOFCPRE).
Les techniques de reconstruction dans cette région s’inscrivent dans un double enjeu : restauration de la fonction (parole, déglutition, respiration, expressions faciales) et du “visage social”, socle de l’identité. Les principaux procédés incluent :
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Lambeaux locaux ou pédiculés (rotation de tissu voisin pour couvrir une perte de substance)
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Lambeaux libres microanastomosés (transfert de tissu d’une région à une autre, nécessitant la suture de petits vaisseaux sous microscope)
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Greffes cutanées
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Prothèses faciales médicales (exoprothèses nasales, oculaires ou de l’oreille, réalisées sur mesure)
La microchirurgie a révolutionné la reconstruction faciale. Par exemple, le lambeau libre de fibula permet aujourd’hui de reconstruire l’os mandibulaire après un cancer de la mâchoire, tout en restaurant les possibilités de mastication et le port d’une prothèse dentaire. Ces techniques nécessitent une expertise reconnue et un plateau technique de haut niveau.
Reconstruction des membres et du tronc
La chirurgie des sarcomes (tumeurs des tissus mous ou osseux), mélanomes ou cancers cutanés peut entraîner des pertes de substance complexes des membres ou du tronc. La priorité est alors d’assurer la couverture cutanée, la fonctionnalité du membre, et d’améliorer l’image corporelle.
- Lambeaux musculocutanés pour combler d’importants défects.
- Transferts de peau, de muscle ou d’aponévrose sur la main ou le pied.
- Chirurgie fonctionnelle pour préserver ou restaurer la mobilité, comme dans la reconstruction après amputation partielle d’un doigt.
Les équipe pluridisciplinaires évaluent les bénéfices de chaque geste au regard des séquelles attendues des traitements (cicatrices, limitation fonctionnelle, risque d’infection).
Sphères génitale et urinaire : reconstruction et intimité
Le cancer de la vulve, du pénis, du testicule et de la vessie impacte l’intimité, l’image corporelle et la sexualité. Des procédures spécifiques permettent, dans la majorité des cas, de restaurer la fonction urinaire, sexuelle et subjective.
- Reconstruction de la vulve et du périnée par lambeaux locaux ou libres
- Pénioplasties reconstructrices (après amputation partielle ou totale du pénis)
- Néo-vessies créées à partir d’un segment de l’intestin (après cystectomie totale)
Les progrès récents en microchirurgie et en anatomie chirurgicale améliorent significativement les résultats, rendant possibles des reconstructions autrefois inaccessibles.