Après chirurgie seule
Lorsque le traitement du cancer se limite à une chirurgie sans nécessité de radiothérapie ni de chimiothérapie, la reconstruction immédiate est souvent possible. Si la reconstruction n’a pas eu lieu en même temps, il n’existe pas de contre-indication majeure à l’envisager dès la cicatrisation opératoire consolidée, soit généralement après 4 à 6 semaines.
Après chimiothérapie
La chimiothérapie, lorsqu’elle est administrée avant ou après la chirurgie (néoadjuvante ou adjuvante), fragilise les tissus et la capacité immunitaire. Il convient de respecter un délai qui permet :
- Une normalisation des défenses immunitaires (globules blancs, plaquettes) ;
- Une consolidation des tissus.
Les recommandations convergent vers un délai de 4 à 6 semaines suivant la dernière cure de chimiothérapie, sous réserve d’un bilan biologique satisfaisant (Recommandations SFSPM).
Après radiothérapie
La radiothérapie provoque des altérations tissulaires profondes, retardées, et parfois imprévisibles. La peau et les tissus sous-jacents peuvent présenter une fibrose, une diminution de la vascularisation, et une fragilité accrue de la cicatrisation.
- Pour une reconstruction par prothèse, il est recommandé d’attendre au minimum 6 à 12 mois après la fin de la radiothérapie. Certains experts préconisent plus : 12 à 18 mois (PubMed - American Society of Plastic Surgeons).
- Pour des reconstructions autologues (par lambeau, notamment DIEP ou Latissimus Dorsi), les délais sont parfois raccourcis à 6 mois selon l’évolution locale, la souplesse tissulaire et l’absence de complications locorégionales.
Un contrôle clinique, voire parfois une IRM pour évaluer l’état des tissus, complète l’appréciation de ce délai.
En cas de traitements ciblés ou d’hormonothérapie
Les thérapies ciblées (par exemple Trastuzumab) ou l’hormonothérapie ne constituent pas une contre-indication à la reconstruction ni n’impliquent d’attendre de délais spécifiques, mais elles sont intégrées dans la discussion globale du plan thérapeutique, en coordination avec les oncologues.